YAOUNDÉ – Depuis la rentrée de septembre 2025, un vent de changement souffle sur le Centre Éducatif Bastos. En rupture avec les méthodes de gestion traditionnelles, l'établissement a lancé « Ma belle école », une initiative ambitieuse où les élèves deviennent les architectes de leur propre quotidien.
L’élève au cœur de son environnement
Traditionnellement, les décisions relatives à l’esthétique, au paysagisme et à l’entretien d’un établissement scolaire relèvent exclusivement de la direction. Pourtant, une réalité fait ses preuves : un individu s’investit davantage dans un lieu qu’il a lui-même contribué à concevoir.
S’inspirant des principes de la pédagogie Montessori, le projet « Ma belle école » place les élèves aux commandes. « Avant, on venait juste s'asseoir en classe. Maintenant, on a l'impression que les murs nous appartiennent un peu car c'est nous qui décidons de leur allure », confie Marc, élève en classe de troisième. L’objectif est clair : transformer l’école en un milieu plus accueillant, où chaque recoin reflète l’investissement de ceux qui l’occupent.
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Quand la théorie rencontre la pratique
Loin d’être une simple activité extrascolaire, ce projet s’inscrit au cœur du programme officiel à travers une approche transversale. Ici, les leçons ne restent pas dans les manuels ; elles s’incarnent sur le terrain à travers quatre piliers disciplinaires :
En Biologie : Étude des espèces végétales pour un jardin durable.
En Technologie : Conception et manipulation d’outils.
En Arts : Recherche de l'harmonie paysagère.
En Travaux Manuels : Réalisation concrète des chantiers.
Pour Marc, cette méthode change tout : « En cours de bio, on a étudié les besoins en eau des plantes, et le lendemain, on les plantait nous-mêmes selon le plan dessiné en cours d'art. On comprend enfin concrètement à quoi servent nos leçons ! »
Un laboratoire de citoyenneté
En participant activement au modelage de leur espace de travail, les élèves du Centre Éducatif Bastos ne se contentent pas d’embellir des murs ou de planter des arbres. Ils apprennent la responsabilité collective et le respect du bien commun.
« Puisque c'est nous qui avons fabriqué les bancs et aménagé le jardin, personne n'a envie de les abîmer. On fait attention, on surveille, on est fiers du résultat », conclut le jeune élève avec un sourire. Un apprentissage de la citoyenneté qui, à n'en pas douter, portera ses fruits bien au-delà de l'enceinte de l'école.
Le club Journal .